Le Gymnase | Lycée classique d'Echternach
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Le Gymnase

Au début du siècle, une oeuvre législative d'envergure modifia en profondeur l'enseignement, tant au niveau local qu'au niveau national. A Echternach, ce fut d'abord la création du gymnase complet (cf. chapitre précédent) auquel la loi du 8 juin 1901 rattacha les trois classes de l'école industrielle. Signalons toutefois que l'introduction de cet ordre d'enseignement n'eut pas le succès escompté : en classe de 6e industrielle, les effectifs ne dépassaient que rarement la vingtaine d'élèves alors que la réglementation en vigueur autorisait des seuils largement supérieurs. Malgré quelques velléités de supprimer la section industrielle, celle-ci fut maintenue jusqu'à la guerre. Au niveau national, la loi du 21 avril 1908 introduisit des réformes qui allaient subsister jusqu'en 1968 (abandon du grec au profit de l'anglais, introduction de sections et de sous-sections). Un arrêté grand-ducal de 1908 fixa par ailleurs à 22 leçons par semaine la tâche des professeurs...

"La période du Gymnase devait être, somme toute, une période heureuse, puisque les chroniques annuelles mentionnent seulement, en dehors des nouvelles administratives et des statistiques, des événements heureux" (P. Kauthen). La vie au gymnase  fut émaillée de nombreuses fêtes à caractère littéraire : centenaire de la naissance de Victor Hugo, centenaire de la mort de Goethe, centenaire de la naissance de Dicks, centenaire de la naissance de Michel Rodange  ; il y eut également des fêtes commémorant des faits historiques (conclusion des accords de Locarno, centenaire du Traité de Londres correspondant au centenaire de l'indépendance).

La guerre (1914-1918) interrompit le cours tranquille de la vie au Gymnase d'Echternach : en 1914 par exemple la rentrée des classes fut retardée de trois semaines. En outre, comme en témoignent les lettres du directeur du pensionnat, les denrées alimentaires, soumises à un strict rationnement, vinrent à manquer ; le chauffage de l'établissement posa de sérieuses difficultés puisque l'acheminement des combustibles accusa de fréquents retards. 

Pendant l'occupation allemande, l'attitude de neutralité observée par le gouvernement luxembourgeois se manifesta également dans le domaine de l'éducation : "Toute discussion politique entre élèves et entre ceux-ci et leurs professeurs est soigneusement à éviter. La jeunesse studieuse aura à s'abstenir de toute manifestation hostile à l'une ou l'autre des nations qui se trouvent engagées dans la guerre."

A la fin de la guerre, des soldats américains furent logés pour un certain temps au gymnase et au pensionnat, de sorte que les classes chômaient depuis l'armistice le 11 novembre 1918 jusqu'au mois de janvier de l'année suivante.